CULTURAL  AGENDA  _  July -August 2010

Some articles in French:
Francophones en ligne !
Lycées français de l'étranger

FRANCOPHONIE – France-Amérique - Francophones, tous en ligne ! [New York in French, Texas in French…]

Picture

L’article est disponible en-ligne:
http://www.france-amerique.com/articles/2010/06/30/francophones_tous_en_ligne.html

Depuis quelques années, les réseaux sociaux francophones se multiplient sur le web américain. On s'y aventure pour partager des informations pratiques, pour parler de l'expatriation ou pour se renseigner sur les évènements culturels à venir. En marge de l'incontournable Facebook, New York in French, Texas in French, ou encore French in Chicago créent des liens…

On les appelle « ning », « blogs » ou « réseaux sociaux en ligne ». Aujourd’hui, plus d'une dizaine de plate-formes dédiées à la communauté francophone ont investi Internet aux États-Unis. L'information et l'échange sont les motivations premières de New York in French, créé il y a 9 mois par Fabrice Jaumont, attaché à l’Éducation à l'ambassade de France aux États-Unis. Ce réseau social ning qui se consacre à la promotion de la culture francophone rassemble à ce jour 4 000 membres et en accueille 15 nouveaux par jour. « L'idée m'est venue comme une brique tombée sur la tête », raconte le modérateur qui approuve personnellement les nouvelles inscriptions. « J'ai expérimenté ce type de réseau lorsque j'étudiais à la New York University. J'ai senti ce besoin de tableau d'affichage collectif pour la communauté. Même aujourd'hui, il y a encore beaucoup de travail ».

Voilà New York, l'un des premièrs réseaux du genre à avoir vu le jour en 2001, compte aujourd'hui, selon son créateur Cyril Toullier, 14 000 membres, 18 000 abonnés à la newsletter et afficherait 50 000 visites par mois. À l'origine du projet : tous les petits tracas pratiques auxquels les francophones sont confrontés lorsqu'ils posent le pied sur le sol américain.

Ces réseaux sociaux se développent à travers tous les États-Unis comme à Portland avec Portland French Connection. Manu Bonnet, son développeur en janvier dernier explique : « Le projet me trottait déjà dans la tête depuis longtemps. Quand je suis arrivé à Portland il y a 6 ans, il faisait gris et il a plu sans s'arrêter pendant presque un mois, et je n'ai pas eu la chance de rencontrer beaucoup de monde. Je voulais donc offrir aux gens un moyen de ne pas se retrouver dans cette situation peu amusante. » Ils fleurissent également à Los Angeles avec Bonjour L.A et dans le sud du pays. Texas in French, créé en octobre 2009 par Marie Maurannes, attachée culturelle au consulat de France à Houston, est l'un des petits derniers. Avec 200 membres et 1 000 visites par mois, ce réseau grandit à son rythme. « Au Texas, les francophones ne nouent pas vraiment de contact », analyse Marie Maurannes. « Je suis là pour rassembler par la langue ».

Ces réseaux sociaux peuvent aussi avoir une motivation professionnelle, comme SiliconFrench, créé en 2000, et repris l'année dernière par Olivier Minkowski. Ce site rassemble 5000 membres. « Ce site est la matérialisation d'un consortium d'organisations européennes liées au business, explique l'homme d'affaires. On peut y échanger des contacts ou des projets et faire jouer son networking. Et nous ambitionnons de le rendre encore plus participatif . »

« Un petit bout de France » virtuel

Chicago parle également français. French in Chicago accueille, depuis 2006, 3 000 visiteurs par mois avec des pointes à 15 000 en juillet et août. La raison de ce succès ? L'évènement du 14 Juillet entièrement organisé par Sébastien Labat, créateur du site. L'homme soulève d’ailleurs un point fondamental à l'origine du développement de tous ces réseaux francophones : contrairement à la plupart des autres communautés étrangères, les Français ne se regroupent pas vraiment dans des quartiers spécifiques dans les grandes villes américaines. « Lorsque je suis arrivé à Chicago, j'ai de suite habité en banlieue et je me suis senti un peu isolé au milieu des Américains », explique Sébastien Labat. « C’est peut-être à cause des différences de cultures. Je voulais aussi mon petit bout de France. J'ai donc créé French in Chicago pour que d'autres ne fassent pas la même erreur que moi ».

Le réseau social en ligne est un moyen d'échange rapide, facile et intuitif. Et ceux dédiés à la francophonie aux États-Unis regorgent d'informations pratiques sur l'immigration, les questions administratives, le logement, la santé, l'éducation, ou encore sur les transports. « On vous explique même où changer vos pneus », lâche Cyril Toullier.  Sur Voilà New York ou French in Chicago, il est aussi possible de trouver un emploi ou de poster son CV.

Ces sites proposent un agenda des événements culturels français et francophones. Souvent sans but lucratif, ils favorisent aussi les échanges entre leurs membres sur des forums de discussion. Sur New York in French, on peut par exemple chater (discuter en ligne) ou adhérer à 87 groupes d'intérêts différents. Le partage de données personnelles comme les photos, les vidéos est également possible. « Récemment, un Sénégalais a même posté quelques lignes pour vendre ses poissons », s'amuse Fabrice Jaumont.

Un outil de solidarité

Ces réseaux ont aussi accueilli plusieurs initiatives pour venir en aide à Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Nadia Alexis, étudiante américano-haïtienne de 22 ans, s'en réjouit et se rend souvent sur ces diverses plate-formes francophones sur la Toile. « Tout simplement pour garder contact avec la langue et la culture françaises ou francophones », dit-elle. « C'est un moyen extraordinaire. » Elle n’est pas la seule à utiliser New York in French. Loïc Vienne, Français de 38 ans, suit le site depuis le début afin de se tenir au courant des événements culturels francophones.

Nicole Mortellito, professeur de français à Piscataway High School dans le New Jersey incite également ses lycéens à s'intéresser au réseau. « Cela me permet d'élever mon niveau, de ne pas oublier les bases du français de la rue que j'ai connu à Dijon lors de mes études et de me rendre une fois par mois à New York pour un concert à la française », dit-elle. « Alors je tanne mes élèves pour qu'ils y fassent des recherches et s'en servent comme lien avec la langue qu'ils apprennent. »

Depuis les différents lancements de ces sites un peu partout aux États-Unis, l'intérêt est grandissant. Tous les modérateurs parlent de fréquentation en hausse et de retours très positifs. « Mon rêve est qu'on puisse parler d'une communauté forte », glisse Fabrice Jaumont. « Pour cela, il faut réussir à convaincre les autorités locales que tous ces projets vont aboutir à quelque chose de positif ». Pour Cyril Toullier, les émulations qui permettent aux réseaux sociaux d'exister sont « une énergie non pas à canaliser, mais à faire fructifier ». Fabrice Jaumont, Marie Maurannes et Cyril Toullier se réjouissent de toucher aussi « les Américains, les Haïtiens, les Québécois, les Belges, les Marocains, les Suisses ».

En s'aventurant sur les forums, on peut alors facilement tomber sur des anglophones qui apprennent le français. Dans un souci d'ouverture, Marie Maurannes pose ainsi tout simplement : « Pourquoi fermer la porte aux autres ? Nous pouvons tellement apprendre tous ensemble. »

Jonas Cuénin
30 juin 2010


À savoir
Le ning est une plate-forme lancée en octobre 2005 par Marc Andreessen, le fondateur de Netscape, et Gina Bianchini. Le ning permet aux particuliers de créer leur propre réseau social.

Carnet d'adresses :

New York in French : http://www.newyorkinfrench.net/
Texas in French : http://texasinfrench.ning.com/ 
French in Chicago : http://www.frenchinchicago.com/ 
Portland French Connection : http://portlandfrenchconnection.com/ 
Bonjour Los Angeles : http://www.bonjourla.com/ 
Voilà New York : http://www.voilanewyork.com/ 
Framlink : http://www.framlink.com/ 
French Immersion USA : http://www.frenchimmersionusa.org/ 
French Culture Nights : http://www.frenchculturenights.com/ 
SiliconFrench : http://www.interfrench.org 
Francophones de San Francisco : http://www.meetup.com/francophonesdeSF 
Bretons de Californie : http://www.meetup.com/bretagne

EXPATRIATION / EDUCATION – FrenchMorning.com - Lycées français de l'étranger - La gratuité en ligne de mire


 http://frenchmorning.com/ny/2010/06/30/la-gratuite-en-ligne-de-mire/

30/06/2010

Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, le remboursement des frais de scolarité de la seconde à la terminale dans les lycées français de l'étranger fait grincer des dents, y-compris à l'UMP.

La gratuité des Lycées français de l’étranger est-elle une mesure d’égalité ou une ‘subvention aux privilégiés’? Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la mesure n’a jamais été populaire auprès des élus français. Elle coûte cher, très cher. Le remboursement des frais de scolarité des élèves de citoyenneté française atteint cette année 41 millions d’euros. Et encore la mesure ne s’applique-t-elle pour l’heure qu’aux élèves des classes de Seconde à Terminale. Si elle devait être étendue à toutes les classes, comme le prévoyait initialement le projet de Nicolas Sarkozy, le coût exploserait.

La grogne atteint même les députés de l’UMP. Deux d’entre eux, Jean-François Mancel et André Schneider ont co-signé avec le socialiste Hervé Féron un rapport parlementaire rendu public ce mercredi. Ils préconisent purement et simplement la suppression de la mesure et la redistribution des crédits vers les bourses ou les subventions aux établissements. Les députés pointent du doigt l’effet d’aubaine, qui permet à des familles qui ont les moyens de payer les frais de scolarité de bénéficier du remboursement.

Mais le débat n’est pas clôt pour autant. Une bataille des rapports s’annonce. En avril, Nicolas Sarkozy a en effet commandé un autre rapport sur le sujet à deux élues UMP, Geneviève Collot, députée de l’Essonne et Sophie Joissains, sénatrice des Bouches du Rhône. Elles sont notamment venues en voyage d’étude à New York début juin, où elles se sont rendues au Lycée Français, mais ont aussi découvert des « solutions alternatives » tels les programmes bilingues des écoles publiques new-yorkaises. Leur rapport doit être remis au Président de la République dans les tous prochains jours. De source familière avec leur travail, les deux élues semblaient s’orienter vers un blocage de la mesure aux classes déjà concernées (de la Seconde à la Terminale), mais n’envisageraient pas une suppression. Elles pourraient également s’orienter vers une prise en compte des revenus des familles pour plafonner le remboursement.

Le débat s’annonce virulent, sur fonds de rigueur budgétaire. Difficile pour beaucoup d’élus de justifier une mesure qui, vue de France, apparaît « comme une subvention à des privilégiés ». Rendant compte du rapport, le Parisien parlait par exemple des « grands patrons du CAC 40″ qui mettraient leurs enfants dans les Lycées Français de l’étranger, ceci alors qu’aucun patron du CAC 40 ne vit à l’étranger…Les frais de scolarité (aux alentours de 23 000 dollars à New York) apparaissent exhorbitants vus de France, où même les écoles privées sont pour l’essentiel très bon marché (les enseignants étant payés par l’Etat).

A noter que, depuis cette année, le remboursement est déjà plafonné au montant des frais de scolarité de l’année 2007-2008. Les augmentations intervenues depuis sont donc à la charge des familles. Par ailleurs, cette mesure, qui s’applique aux établissements reconnus par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) ne concerne que les élèves de citoyenneté française. Ceux qui n’ont pas la nationalité doivent payer les frais de scolarité. A New York, seuls 40 % des élèves ont la nationalité française.